Le Kenya cherche à obtenir des indemnisations pour ses ressortissants recrutés dans l’armée russe. Le président William Ruto a annoncé cette démarche vendredi 30 octobre, après ses entretiens avec Vladimir Poutine à Moscou, en marge du sommet Russie-Afrique.
William Ruto a indiqué avoir nommé un attaché de défense à l’ambassade du Kenya dans la capitale russe. Celui-ci doit travailler avec le ministère russe de la Défense sur le traitement des demandes d’indemnisation et sur le retour des Kényans concernés. Aucun montant, critère d’éligibilité ou calendrier de paiement n’a été annoncé.
Le chef de l’État kényan a également déclaré que Vladimir Poutine avait confirmé l’arrêt de l’enrôlement de ses compatriotes. Selon lui, le Kenya est désormais classé parmi les pays dont les ressortissants ne doivent plus être recrutés par l’armée russe.
Une enquête de Journalists for Justice a recensé 841 Kényans recrutés entre octobre 2022 et juin 2026. Elle a aussi identifié au moins 76 Kényans morts en combattant pour la Russie. Certains auraient été attirés par des offres d’emplois civils dans la sécurité ou la logistique avant de devoir signer des contrats militaires à leur arrivée.
La question de l’arrêt des recrutements avait déjà été abordée en mars. À l’issue d’une rencontre avec Sergueï Lavrov le 16 mars à Moscou, le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, avait annoncé qu’il n’y aurait plus de nouveaux enrôlements. Son homologue russe n’avait alors pas confirmé cet accord et avait défendu le caractère volontaire des engagements.

